Deux enfants, deux héritages, deux trajectoires que tout oppose. Gudrun Himmler, fille du chef de la SS et architecte de la Solution finale, et Martin Bormann Junior, fils du secrétaire particulier d’Adolf Hitler, incarnent les visages radicalement différents de la descendance des dignitaires nazis. L’un a voué sa vie au déni et à la défense d’un père criminel, l’autre a rejeté son nom et son sang pour embrasser la foi catholique et œuvrer à la réconciliation.
Retour sur une histoire sombre et fascinante, au cœur des secrets de famille les plus lourds du XXe siècle.
Gudrun Himmler naît le 8 août 1929 à Munich. Elle est élevée dans un cadre strict par des parents qui aiment l’ordre, l’efficacité et détestent les Juifs. Heinrich Himmler, son père, est un ingénieur agronome obsédé par les rites païens et convaincu de la supériorité de la race aryenne.
La petite fille blonde aux yeux bleus fait le bonheur de son papa, qui la surnomme affectueusement « Püppi », Poupette.
Dans les années 1930, Heinrich Himmler gravit les échelons du parti nazi. Nommé Reichsführer-SS, il organise toute la milice du parti, puis prend la tête de la Gestapo en 1934. Froid et méticuleux, il supervise la mise en place des camps de concentration et la répression de toute opposition politique.
Ses apparitions au domicile familial se raréfient, mais il consigne précieusement dans un album personnel les moments passés avec sa fille.
En 1934, il rentre en Bavière, troque son uniforme nazi pour la tenue traditionnelle et emmène Gudrun au zoo. En 1937, il l’accompagne au spectacle de fin d’année de son école primaire. L’année suivante, il la conduit à Berlin pour assister à un événement sportif officiel.
Sur les photos, Gudrun, installée sur les genoux de son père en uniforme SS, a l’air aux anges. Himmler écrit sous le cliché : « Poupette en 1938 dans le Parc olympique du Reich ».
Gudrun grandit et prend conscience que son père est un personnage important du régime. Lorsqu’Adolf Hitler rend visite à la famille, elle saute de joie et surnomme le Führer « Oncle Hitler ». À l’automne 1939, alors que la guerre éclate, elle a dix ans.
Sur une carte d’Allemagne, elle retrace avec assiduité chacun des déplacements de son père. Pour elle, la guerre est un feuilleton dont le héros n’est autre que son papa.
En mai 1941, Himmler lui écrit : « Dans la vie, il faut toujours être correct et brave et bon. Ton Petit Papa. » Le 19 juin, trois jours avant l’invasion de l’Union soviétique, il prend quelques jours de congé pour rendre une visite surprise à sa fille.
Au programme : promenade dans la forêt, cueillette de fleurs des champs et entretien du potager familial. Une parenthèse bucolique de courte durée.
Trois jours plus tard, le 22 juin 1941, Hitler lance l’opération Barbarossa. Gudrun écrit alors à son père, inquiète : « Mon cher papa d’amour, c’est terrible que nous fassions la guerre à la Russie. C’était notre allié après tout.
La Russie est si grande. Le combat va être difficile. » Dans la foulée de l’invasion, Himmler se rend sur le front de l’Est, où les Einsatzgruppen exterminent par balle communistes et Juifs.
Un mois plus tard, le 22 juillet 1941, Gudrun revoit son père à Dachau, au nord-ouest de Munich. C’est ici qu’Heinrich Himmler a fait construire le premier camp de concentration du IIIe Reich. Il a décidé d’emmener sa fille en visite.
Gudrun arbore un large sourire et écrit dans son journal intime, avec toute l’innocence de l’enfance : « Nous avons vu le jardin aux herbes, les poiriers et toutes les images peintes par les prisonniers. Merveilleux ! Après, nous avons très bien mangé à midi.
C’était génial. »
Au moins 32 000 prisonniers trouveront la mort à Dachau. Et ce n’est que le début. À partir de 1942, Heinrich Himmler est l’architecte de la « solution finale à la question juive », l’extermination systématique de tous les Juifs d’Europe.
Il ordonne la construction de centres de mise à mort à Treblinka, Sobibor et Auschwitz. Au moins trois millions de Juifs y seront assassinés. Gudrun ignore tout du vrai visage de son père.
Le 26 août 1943, elle lui écrit : « Petit Papa, ministre de l’Intérieur du Reich, je suis folle de joie. » Le 1er novembre 1943, elle rêve de retrouvailles : « Quand la paix sera là, nous aurons certainement une propriété à l’Est. » Gudrun pense toujours que l’Allemagne va gagner la guerre.
Mais elle se trompe. Le 6 juin 1944, les Alliés débarquent en Normandie. À l’Est, l’Armée rouge progresse inexorablement.
Gudrun revoit une dernière fois son père en novembre 1944. Moins d’un an plus tard, en avril 1945, le IIIe Reich est au bord des abysses. Gudrun a désormais 15 ans.
Aux côtés de sa mère Margarete, elle s’est réfugiée dans les montagnes du Tyrol. De son côté, Heinrich Himmler tente, dans le plus grand secret, de négocier une paix séparée avec les Alliés. Il croit naïvement qu’il a encore une chance de sauver sa peau.
Le 13 mai, Margarete et Gudrun sont arrêtées par les Alliés dans les montagnes du Tyrol. Heinrich Himmler, lui, rase sa moustache, revêt un cache-œil et prend la fuite. Interpellé dans le nord de l’Allemagne, il se suicide le 23 mai à l’aide d’une capsule de cyanure, abandonnant lâchement sa femme et sa fille.
Gudrun apprend la nouvelle par inadvertance trois mois plus tard. Pour elle, c’est le choc. Elle en tombe malade.
Elle refuse catégoriquement de croire au suicide de son père et accuse les Alliés d’avoir voulu le faire taire. Dans les années d’après-guerre, alors que les Alliés se lancent dans la dénazification de l’Allemagne, Gudrun reste persuadée que son père, qu’elle idolâtre tant, est un homme bon. Elle cherche à tout prix à réhabiliter sa mémoire et se rapproche de ceux qui servaient sous ses ordres dans la SS.
Elle arbore fièrement son patronyme, ce qui lui vaut à plusieurs reprises de perdre son travail ou son logement. En 1951, à 22 ans, elle adhère à l’association Stille Hilfe, « aide silencieuse », un groupe d’entraide pour anciens nazis. L’année suivante, elle fonde les Wiking-Jugend, un mouvement nazi calqué sur les Jeunesses hitlériennes.
Dans une Allemagne devenue démocratique, Gudrun Himmler ne renie rien de l’idéologie de son père.
À la fin des années 1960, elle épouse Wulf-Dieter Burwitz, néo-nazi convaincu, et s’implique, discrètement mais activement, dans les cercles d’anciens SS. Pour elle, si le nom de son père a été bafoué, c’est la faute des Juifs. Dans les années 90, Gudrun n’hésite pas à apparaître aux côtés d’anciens SS lors des commémorations d’Ulrichsberg, en Autriche, où vétérans et anonymes rendent hommage aux soldats du IIIe Reich.
En octobre 1995, un événement discret mais important s’était déroulé au même endroit. Un peu à l’écart du rassemblement, un petit groupe de fidèles s’était réuni autour d’une dame de 66 ans, aux cheveux gris, aux traits tirés et au regard perçant. Une étrange broche suspendue à son cou représentait quatre têtes de chevaux formant une croix gammée.
Cette dame n’était autre que Gudrun Burwitz, née Himmler.
À partir des années 2000, ses apparitions se font de plus en plus rares. La vieille dame, qui habite une petite maison dans l’agglomération de Munich, refuse catégoriquement toutes les demandes d’interview. Pour elle, pas question de remettre en cause ni son passé ni celui de sa famille.
Gudrun meurt le 24 mai 2018, à l’âge de 88 ans. Elle aura vécu toute sa vie dans l’ombre de son père et dans le déni de ses crimes.
Malgré les preuves irréfutables, Gudrun ne sera jamais parvenue à accepter la véritable nature de son père. Heureusement, elle n’aura jamais réussi dans son macabre projet de réhabiliter la mémoire d’Heinrich Himmler, le « meurtrier du siècle ». Mais parmi les descendants des hauts dignitaires du IIIe Reich, tous n’ont pas suivi le même chemin.
Certains ont choisi une voie complètement opposée au nazisme et à la haine.
C’est le cas de Martin Adolf Bormann, le fils de Martin Bormann. Surnommé par ses proches Krönzi, « prince héritier », il était prédestiné au rôle du parfait nazi. Mais contrairement à la princesse, le prince est devenu tout ce que son père détestait.
Martin Bormann Junior voit le jour le 14 avril 1930 à Grünwald, en Bavière. Son père est l’un des plus fervents admirateurs d’Adolf Hitler.
D’abord employé de bureau au parti nazi en 1928, Martin Bormann s’est élevé dans la hiérarchie et a gagné la confiance d’Hitler grâce à son dévouement, sa rigueur et son obéissance. Bureaucrate et gestionnaire, il est un homme de l’ombre, et pourtant un rouage clé du IIIe Reich. Dès sa naissance, le petit Martin Junior est placé sous le signe du nazisme.
Un de ses prénoms, Adolf, est en hommage à son parrain : Hitler.
Martin Junior grandit à Berchtesgaden, dans les Alpes bavaroises, à quelques pas du Berghof, la résidence privilégiée d’Adolf Hitler. Les Bormann, à qui le Führer a confié la mission de rénover sa propriété, deviennent les voisins directs d’Hitler. La confiance s’installe à tel point que Martin Bormann gère les finances privées du Führer, notamment l’immense fortune générée par les droits d’auteur de Mein Kampf.

À Berchtesgaden, Martin Junior et ses frères et sœurs grandissent dans un univers déconnecté de toute réalité. Le Berghof est une propriété de 7 km², gardée en permanence par des SS. Ses habitants sont surnommés « les gens de la montagne ».
Aucun étranger n’a le droit d’entrer. Seuls Adolf Hitler, sa maîtresse Eva Braun, les plus fidèles dignitaires nazis et leurs familles y ont accès.
Ainsi, Martin Junior a pour camarades de jeu les autres enfants des chefs nazis. Sur les films privés tournés par Eva Braun, on le voit joyeux, souriant, énergique, participer à une bataille de boules de neige ou chasser les œufs de Pâques. Mais l’idylle va bientôt avoir une fin.
En 1940, Martin Junior a 10 ans. Pour devenir un parfait nazi, Krönzi entre à la Reichsschule Feldafing, un internat bavarois réservé aux privilégiés du régime.
Pendant sa scolarité, il ne voit que très peu son père, trop occupé à gravir les échelons de la hiérarchie nazie. En 1941, après la mystérieuse mission solitaire de Rudolf Hess, c’est Bormann qui prend sa place en tant que chef de la chancellerie du parti nazi. Deux ans plus tard, Hitler le nomme « secrétaire particulier du Führer ».
Alors que la guerre fait rage, Martin Junior est abreuvé par la propagande et les récits de victoire militaire.
On lui apprend que le Reich doit durer 1000 ans. Mais à peine cinq ans plus tard, tout s’effondre. Son enfance dorée s’arrête brutalement en 1945.
L’adolescent est précipité dans la réalité du monde, un monde fait de ruines et de cendres. En avril 1945, alors que Martin Junior est contraint de fuir son internat et de prendre la route de l’exil, son père est à Berlin, enfermé dans le Führerbunker sous les jardins de la chancellerie.
Fidèle parmi les fidèles, il est toujours aux côtés d’Hitler. Bormann a juré de le servir, et il le fera jusqu’à sa mort. À tel point que, dans son testament politique, Hitler a nommé Bormann Führer du parti nazi.
Mais ce testament ne sera jamais exaucé. Le 8 mai, le IIIe Reich capitule, vaincu. Dans les ruines du bunker, Martin Bormann demeure introuvable.
De son côté, Martin Junior est persuadé que son nom lui vaudra la peine de mort.
Alors il se renomme Martin Bergmann et trouve refuge dans une ferme perchée au milieu des montagnes autrichiennes. L’adolescent est recueilli par une famille de paysans, qui ne pose aucune question sur son passé. Ainsi, Martin Junior tire un trait sur sa vie d’avant et démarre une nouvelle existence.
Dans sa famille d’accueil, rurale et très pieuse, il découvre la foi chrétienne. C’est son premier contact avec la religion catholique, que son père haïssait tant.
Les mois passent et alors que le monde découvre avec horreur les atrocités commises par le régime nazi, Martin Junior se rend compte du vrai visage de son père. Il est frappé par ce qu’il apprend sur la Shoah. Le jeune homme est particulièrement marqué par les photos du camp de Bergen-Belsen.
Petit à petit, il prend conscience du rôle de son père dans le génocide. Son père, d’ailleurs, demeure toujours introuvable.
En 1946, ce dernier est condamné à mort par contumace pour crimes contre l’humanité au tribunal de Nuremberg. Ainsi, Martin Junior prend la décision de révéler sa véritable identité au prêtre de sa paroisse. Cette confession renforce en lui sa vocation.
Puisque c’est la foi qui lui a permis de surmonter l’épreuve de la guerre, alors il deviendra un homme d’Église. Martin Junior est ordonné prêtre à Innsbruck, en Autriche.
Désormais, il est le père Martin et sa vie est rythmée par les messes, les bénédictions, les prières et les actions caritatives. Trois ans plus tard, il s’envole en mission en Afrique, au Congo. Le pays est en proie à une guerre civile.
Il y reste de 1961 à 1965, puis y retourne en 1966 pour quelques mois. Après un grave accident de voiture en 1969, il fait la rencontre de Rosemarie, une nonne dont il tombe profondément amoureux.
Les deux religieux abandonnent leurs vœux pour se marier. Les années passent et le fantôme de son père hante toujours Martin Junior. Car le secrétaire du parti nazi, qui aurait fui le bunker d’Hitler lors des derniers jours du Reich, n’a jamais été retrouvé.
Qu’est-il advenu de lui après la chute d’Hitler ? Certains disent l’avoir vu mourir dans Berlin. D’autres sont persuadés de l’avoir rencontré sous le soleil d’Amérique du Sud.

Martin Junior craint que son père ne revienne, lui qui haïssait tant les catholiques. Dans les années 1980, Martin Junior fait une rencontre qui va changer sa vie. Dan Bar-On, un psychologue israélien, cherche à comprendre comment les enfants des nazis ont surmonté la honte des crimes de leurs parents.
Pour Dan Bar-On, ces enfants sont aussi des victimes, car ils portent en eux une culpabilité qui n’est pas la leur.
En avril 1993, Dan Bar-On organise une rencontre entre des enfants de survivants de la Shoah et des enfants de dignitaires nazis. Martin Junior, âgé de 63 ans, y est convié. Il se rend en Israël et visite même Yad Vashem, le mémorial dédié aux victimes du génocide.
Pendant plusieurs années, il effectue d’autres voyages et participe activement à la réconciliation entre les enfants des victimes et ceux des bourreaux.
En 2011, de nombreuses accusations de violence et de harcèlement ébranlent l’Église catholique. Martin Bormann Junior est lui aussi visé. Âgé et sénile, il ne peut répondre à ces accusations.
Deux ans plus tard, en 2013, il s’éteint à l’âge de 82 ans. Gudrun et Martin Junior, la princesse et le prince nazis, ont, comme tous les enfants de hauts dignitaires nazis, été confrontés aux crimes de leurs pères.
Mais ils l’ont fait de façon opposée. Gudrun s’est enfermée dans le déni, allant jusqu’à faire sien l’antisémitisme du nazisme en accusant les Juifs d’avoir sali le nom de son père. Quant à Martin Junior, en devenant prêtre, il a contredit son père, viscéralement anticatholique.
Deux destinées marquées par le sceau du nazisme et par le poids d’une culpabilité qui n’était pourtant pas la leur.
Au sujet de l’histoire de Martin Bormann Junior, un détail interpelle : qu’est-il advenu de son père ? Dans les derniers jours de la guerre, Martin Bormann décide de rejoindre Adolf Hitler dans son Führerbunker sous la chancellerie à Berlin. Puis il disparaît, et on n’a plus aucune trace de lui.
Pendant près de 30 ans, on ne saura pas où est passé le secrétaire personnel d’Adolf Hitler. Jusqu’en 1972, où un incroyable rebondissement va avoir lieu.
Cette année-là, des ouvriers effectuent des travaux dans Berlin-Ouest et tombent sur deux mystérieux squelettes. Rapidement, un indice met les enquêteurs sur une piste. Après la Seconde Guerre mondiale, lors du procès de Nuremberg, un témoin avait dit avoir aperçu Martin Bormann en fuite dans le secteur de Berlin-Ouest.
Les enquêteurs décident d’examiner les squelettes, notamment l’un des deux crânes, et s’aperçoivent après une analyse dentaire qu’il pourrait bien s’agir du crâne de Martin Bormann.
En 1998, une analyse ADN permet de confirmer formellement qu’un des deux squelettes retrouvés en 1972 est bien celui du secrétaire personnel d’Adolf Hitler. Martin Bormann aurait donc fui le Führerbunker dans les derniers jours de la guerre. Il se serait rapidement rendu à l’évidence qu’il était entouré par l’ennemi, et plutôt que d’être capturé par les Soviétiques, il aurait préféré se donner la mort.
Des morceaux de verre retrouvés dans les dents du crâne accréditent la thèse du suicide à l’aide d’une capsule de cyanure.
Gudrun et Martin Junior ne sont pas les seuls enfants de chefs nazis à avoir eu une histoire intéressante. Il y a par exemple l’histoire de Rolf Mengele, le fils de Josef Mengele, l’horrible médecin d’Auschwitz. Rolf naît en 1944, à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Pendant longtemps, il ne sait pas que Josef Mengele est son père. On le lui présente simplement comme un oncle. Après la guerre, on lui révèle la vérité et il décide d’aller retrouver son père.
Mais dans les années 1970, Josef Mengele, qui est en cavale, s’est enfui d’Europe et s’est réfugié en Amérique du Sud. Rolf prend donc un avion pour aller à la rencontre de son père, qui s’est caché au Brésil. Lors de cette rencontre, il va poser des questions à son père au sujet de son implication à Auschwitz et des crimes qu’il a commis là-bas.
Mais Josef Mengele, surnommé « l’ange de la mort », nie en bloc et n’exprime aucun remords.
Rolf, qui méprise les actes de son père, décidera pour autant de ne pas le dénoncer et permettra ainsi à Josef Mengele de terminer tranquillement sa vie au Brésil et de mourir d’une mort naturelle. Ces histoires, celles de Gudrun, Martin Junior et Rolf, révèlent la complexité des héritages familiaux lorsque ceux-ci sont liés aux pages les plus sombres de l’Histoire. Elles posent une question universelle : que faire du poids d’un nom que l’on n’a pas choisi ?
Pour Gudrun Himmler, la réponse fut le déni et la fidélité à une idéologie criminelle. Pour Martin Bormann Junior, la réponse fut la rupture, la foi et la réconciliation. Deux vies, deux mémoires, un même héritage empoisonné.
La princesse nazie s’est éteinte en 2018 sans jamais reconnaître les crimes de son père. Le prince héritier, lui, est mort en 2013 après avoir consacré sa vie à contredire tout ce que son nom représentait.